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The Real Kristen Stewart
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18 février 2017

Interview Come Swim: Refinery29

Nouvelle interview de Kristen pour 'Refinery29' lors de la promo de 'Come Swim' au Sundance Film Festival ...

 

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(Traduction faite par Caroline, merci de respecter son travail)

 

Clairement, Kristen Stewart sait ce qu’on ressent quand on a le cœur brisé.

Je ne dis pas ça à cause de tous ces titres de tabloids, parce qu’elle s’est confiée à moi, ou parce qu’elle a finalement révélé les détails de l’histoire largement sur-exposée de sa vie amoureuse dans une interview confession. Je sais que Stewart a expérimenté une tristesse infiniment déchirante à cause de ce que j’ai vu lors de ses débuts en tant que réalisatrice de 'Come Swim', un court-métrage de 17 minutes qui a été projeté en avant-première au festival du film de Sundance la semaine dernière.

Stewart a écrit et dirigé ce film comme une partie de séries des films du Refinery29’s Chatterbox Anthology. Le court-métrage se concentre sur un jour de la vie d’un homme, alternant entre les représentations abstraites et artistiques de son cœur brisé (murs qui s’écroulent, énormes vagues qui le submergent) et des scènes d’une réalité alarmante le montrant dans un espace confiné de travail, essayant de passer au travers de sa journée de travail. Tout au long de ce film, on entend des rappels de conversations passées entre notre héros (Josh Kaye) et son ex, des échanges apparemment peu important sur la natation et l’eau. Ce sont le genre de conversations que l’on ressasse dans notre esprit après une rupture –  en espérant qu’on les ait appréciés en ces instants-là, souhaitant pouvoir les faire sortir de notre tête.

Nous avons demandé à Stewart pourquoi elle avait fait ce film, comment on se sent d’être un citoyen sous le Président Trump, et ce qu’il faudrait pour que plus de femmes puissent faire des films.

 

¤ Où avez-vous eu l’idée de 'Come Swim'? J’ai lu que vous vous êtes inspirée d’une de vos propres peintures.

Kristen Stewart: J’étais fixée sur l’idée de capturer l’image de cet homme très satisfait de dormir au fond de l’océan. J’étais vraiment obsédée de mettre quelqu’un quelque part où il ne pourrait pas vivre par nature, et le faire habiter là, en quelque sorte. A cette époque de ma vie, cela m’attirait énormément, c’était juste au sujet d’une sorte d’isolement. Les années passèrent et j’ai été occupée à d’autres choses, et j’ai réalisé que toutes les choses que j’ai écrites durant ces cinq dernières années, étaient sur le même sujet. C’est comme le même poème, encore et encore. C’était tellement redondant, et à l’évidence, j’avais besoin de le faire sortir pour que je puisse évoluer.

Alors, j’en ai fait une peinture. C’est plutôt simple – le point culminant de ce film est initialement incroyablement énorme et épique, dans sa propre expérience personnelle. Puis, la seconde fois qu’on la vu, c’est devenu incroyablement ordinaire et un peu stupide, comme si c’était drôle. Le but est d’arrêter de faire s’accroitre sa propre douleur. Tout le monde est pareil. On est clair comme le jour, mec.

 

¤ La plupart des gens n’ont pas encore vu 'Come Swim', alors expliquez nous de quoi il s’agit.

Oh, mec, ce film, c’est comme se prendre une rupture sentimentale de plein fouet. Définitivement,  je ne me détourne pas du tout de ça, car c’est exactement de ça dont il s’agit. C’est la première chute vers ce monde inférieur existentiel. Tu peux te faire du mal toi-même avec tes souvenirs, ou, ça dépend de la perspective, tu peux prendre un pas de recul  et te dire " finalement, ce n’était  pas si moche. C’était sympa, on a pris du bon temps et c’était agréable." Alors, j’avais mes deux acteurs qui jouaient dans une piscine et qui se parlaient et je leur ai donné une paire de mots clés. Mais ils ont dit quelques trucs qu’on a retirés, car ils étaient vraiment négatifs, terrifiants et de mauvaise augure au début.

Il se flingue lui-même avec ces souvenirs et son esprit est tellement éparpillé qu'il ne peut littéralement pas se sortir ces voix de sa tête, mais en réalité, ça n’était pas si moche. Il regrette tout ce qu’il a pu dire, et il se dit "hummmm pourquoi est-ce que je n’ai pas pu faire les choses d’une manière différente ?" Il réévalue juste tout et ressasse tous les mots qu’il a pu lui dire, et ce dit " comment j’aurais pu sauver ça, comment j’aurais pu arranger ça, c’est tout de ma faute, j’ai tout foutu en l’air". Dans la seconde partie du film, vous vous dites, "mec ce n’est pas toi, c’est juste tombé en morceaux, c’est ce qui est arrivé." J’ai juste voulu exterioriser une incroyable lutte intérieure et ensuite la revoir de l’extérieur.

 

¤ Comment te décrirais-tu en tant que réalisatrice ?

Je suis une personne plutôt obsessive, ce qui était, je pense, parfaitement nécessaire. Tu dois être un peu taré de te mettre dans quelque chose comme ça et le faire finalement arriver. Je pense que j’étais probablement un petit peu plus exigeante que j’aurais du l'être. La chose que je préfère dans le monde, c’est quand  on ressent que quelque chose commence à se monter et à marcher tout seul. Quand quelque chose est vraiment bon, et c’est rare, honnêtement j’ai tourné un million de mauvais films. Pas mauvais, mais c’est comme si parfois ça ne s’assemble pas d’une manière qui paraît miraculeuse, et quand c’est le cas, c’est véritablement comme si quelque chose flotte et tu es en train de souffler dessus pour que ça continue et puis, ça arrive complètement. C’est si cliché, ça paraît super prétentieux de dire ça, mais tu te sens vraiment comme un mirage et tu te dis "c’est dingue, je ne sais même pas ce qui vient de se passer, et c’est tellement réel."

 

¤ Il y a beaucoup de discussion ces jours-ci sur les femmes à Hollywood, et le besoin d’avoir plus de femmes réalisatrice. Comment vois-tu le problème ?

Je suis vraiment contente de vivre à l’époque où je suis maintenant parce que ça a été un processus en mouvement très lent. Mais je vois ce progrès et tout est basé sur le désir. C’est contagieux. Honnêtement, aussitôt que ça arrivera un peu plus, ça va juste se déclencher et faire boule de neige. Les femmes regardent des films dominés par les hommes, et plus de femmes que d’hommes regardent des films. Nous devons commencer à réaliser que nous pouvons finalement nous concentrer sur nous-mêmes  et explorer ce côté. Il y a tellement d’histoires à raconter, c’est dingue. Quelqu’un à besoin de faire une putain d’histoire d’amour moderne, quelqu’un a besoin de faire quelque chose qui est un sujet top actuel, au lieu des mêmes merdes qui ont été régurgitées depuis des années. C’est satisfaisant, mais ce n’est pas ce que les gens sont en train de traverser. Pas pour mettre l’accent sur l’inauguration, mais juste en ce moment, les gens sont tellement en colère et c’est si bon. C’est ce qu’il a de plus éloigné de la complaisance, et je sais que c’est facile de retourner tout ça parce qu’il y a des gens tarés et manipulateurs qui disent "pourquoi êtes-vous tous si en colère, ne soyez pas aussi haineux." Mais, "non, putain je te hais et je vais en parler". Je pense que nous allons expérimenter une révolution artistique sérieuse. C’est ma vie.

 

¤ Est-ce que tu te vois diriger des longs-métrages par la suite ?

Ouais, honnêtement, j’y ai mis le temps, je ne peux pas croire que j’ai déjà 26 ans et que j’ai seulement tourné mon premier court-métrage. Je ne vois pas une grande différence entre jouer un rôle et mettre en scène, de la façon dont j’approche le sujet. Alors, je veux me permettre de prendre de l’élan et c’est ce qui va me donner confiance en moi. Cependant, j’aime ce que je fais ; c’est un peu le même genre de chose. C’est comme quand c’est bon, cohérent et juste… J’ai un regard de maniaque heureuse, j’ai l’esprit plus aiguisé quand quelque chose marche bien, j’ai vraiment l’air d’une malade. C’est tellement satisfaisant, c’est dingue, j’en grince des dents.

 

¤ As-tu un conseil pour des jeunes femmes qui voudraient devenir metteurs en scène ?

Tout les gens que j’ai rencontrés, qui font les choses par eux-mêmes,  sont vraiment contraints de le faire, tu ne peux pas te mettre en travers de leur chemin. On ne peut pas les arrêter, et je dirais, crois en cela. Il y a des gens qui voient juste désespérément des choses et veulent exprimer la beauté de quelque chose. Si tu as ça, ben tu l’as. C’est le plus mauvais conseil jamais donné, mais crois simplement dans le désir. C’est le pire sentiment du monde de vouloir tellement quelque chose et de s’en priver. Juste fais-le.

 

Source: Team Kristen Site.

 

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