Nouvelle interview de Kristen pour 'The Guardian' lors de la promo de 'Come Swim' au Festival de Cannes ...

 

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(Merci de créditer le blog si vous postez cette traduction ailleurs)

 

 Dans une suite de l'Hôtel Majestic Barrière de Cannes, toutes les surfaces sont envahis de haute couture. Les robes Chanel créer à partir de fils de gossamer sont drapées le long des murs et des bracelets de diamants massifs sont dispersés sur la commode. Seul l'occupante de la suite ne semble pas avoir reçu le mémo. Kristen Stewart, vêtue d'une veste et d'un pantalon cargo noir, cheveux blond, ne semble pas à sa place.

Mais la présence de Stewart au Festival n'est pas aussi incongrue qu'il n'y paraît. En 2014, elle est devenue la première actrice américaine en 30 ans à remporter un César, celui de la meilleure actrice dans un second rôle dans 'Clouds Of Sils Maria' d'Olivier Assayas. Plus récemment, il y a eu sa performance étrange dans 'Personal Shopper', une histoire de fantôme étrange, triste d'Assayas.

Et Stewart a maintenant décidée de faire la seule chose que cette ville en adoration pour le cinéma d'auteur considère plus que tout autre chose - devenir une réalisatrice. Son premier court-métrage, Come Swim, qu'elle a écrit et réalisé. "J'ai l'impression qu'ils sont gentils avec moi parce que je viens beaucoup ici" rit-elle. "Comme ils disent: 'Bien sûr, vous pouvez montrez votre court-métrage ici'

Stewart peut se méfier d'elle-même. Indépendamment de qui l'a fait, Come Swim est une sorte de film avant-garde audacieux que Cannes aime habituellement. Un récit abstrait de la quête d'un homme qui cherche à rassasier une soif inexplicable et inextinguible, le film ne manque jamais de faire des arrêts sur images, à partir du coup d'éclat hyper vif d'une vague en creux langoureux, à la vue du personnage central aggravant littéralement un moment d'horreur à la Cronenberg.

Le film, dit Stewart, vient d'une image qui semblait logée en permanence dans sa tête - d'une personne dormant doucement sur le fond de l'océan et obtenant une telle satisfaction de cet isolement. "Je pensais "Wow, c'est assez sombre". Vous voulez connaître la situation qui a fait que cette personne soit tomber aussi bas."

L'idée de couler au fond de la mer, loin de tout contact humain, pourrait être séduisante pour quelqu'un comme Stewart - pas de paparazzi à gérer, pour commencer. Mais le sous-texte concerne quelque chose de plus universel: le choc, ou plus précisément "cette première crise de douleur où vous vous dites 'Personne n'as jamais ressenti ça', alors que nous l'avons tous vécu."

Ainsi, le film se joue en deux parties, avec l'ouverture, une section plus expérimentale exprimant les sensations extrêmes que nous ressentons après que notre coeur ai été brisé, quand même respirer de l'air et boire de l'eau potable peut sembler impossible, et la seconde représentant une réalité plus banale de la situation . "Je voulais juste externaliser un sentiment très interne dont vous ne parlez pas jusqu'à ce qu'il soit passé et que vous vous dites, 'dieu, je perdais la tête. C'est tellement fou, j'ai été tellement étrange pendant six mois, je suis tellement désolé pour tous mes amis. "Pour ne pas être trop lourd à ce sujet, parce que ce n'est pas clinique ni quoi que ce soit, mais c'est une forme de dépression".

Le sujet est assorti de certains choix stylistiques audacieux. L'artiste rock St-Vincent offre une bande son menaçante et stimulante, et le film est édité dans une série de coupures rapides et dérangeantes. Pendant ce temps, une technique numérique complexe connue sous le nom de transfert de style neural a été utilisé pour superposer les croquis originaux de Stewart de son homme submergé sur les images. Stewart à même co-écrit un document de recherche sur la technique pour l'Université de Cornell.

Come Swim est un peu rude sur les bords - certains des dialogues chuchotés du film ont un soupçon de parfum prétentieux, mais, pour des débuts, c'est impressionnant. Certes, il à été mieux reçu que certains d'autres projets gonflés d'acteurs devenue réalisateurs qui ont été reçu à Cannes par le passé, comme The Last Face de Sean Penn, qui a suscité de vives critiques quand il a été présenté l'année dernière.

En tant que fille d'une scénariste/réalisatrice et d'un producteur, Stewart s'est toujours vu passer derrière la caméra plutôt que devant. Quand, âgée de 11 ans, elle est apparue dans 'Panic Room' de David Fincher en 2002, elle a fait une confession audacieuse à la star du film, Jodie Foster, en voulant devenir 'la plus jeune réalisatrice qui existe'. Le bon soudain de sa carrière d'actrice provoqué par la Saga Twilight à été le prix à payer, mais le désir n'as jamais disparu.

Stewart reconnaît qu'elle est dans une situation heureuse, consciente que Come Swim ne serait probablement pas à Cannes si son réalisateur n'était pas un acteur de la A-List. "Les gens qui sont beaucoup plus talentueux et inspirés n'ont jamais eu l'occasion de faire un court-métrage pour la somme d'argent que j'ai reçu pour le faire." admet-elle. "J'ai eu huit jours pour le tourner. C'était un processus confortable"

Si les opportunités sont limitées pour réalisateurs qui débutent, la situation est nettement plus grave si elles sont des femmes. Come Swim a été produit dans le cadre du projet 'Anthology' de Shatterbox, dirigé par le site web américain Refinery29, qui vise à remédier à la disparité entre les réalisateurs masculins et féminins. Mais c'est une lutte acharnée: seulement 7% des 250 premiers films réalisés en 2016 l'ont été par des femmes, un chiffre inférieur à celui de 1998.

Pour Stewart, la seule façon de corriger un tel déséquilibre est d'une intensité pure. "Les réalisatrices les plus cool avec qui j'ai travaillé sont des personnes aussi compulsives." dit elle. "Demandez à Kelly Reichardt [réalisatrice de Meek's Cutoff & Certain Women] ce que c'est d'être une femme réalisatrice, elle vous dira "Je n'ai pas de réponse parce que je ne pourrai rien faire d'autres dans la vie".

"Les artistes féminines qui font un meilleur travail, elles sont tellement concentrées que rien ne va se mettre en travers de leur chemin. Kelly, Patti Smith putain, ce ne sont que des bosseuses. Il est difficile de parler, parce que vous devez en parler pour faire changer les choses, mais en même temps, c'est aussi de "simplement le faire". Elle fait une pause, reconsidérant cet appel aux armes. "C'est la chose la plus ridicule à dire. Bien sûr, les gens le feraient s'ils le pouvaient. Je suis dans la position la plus folle et la plus chanceuse".

Quoi qu'il en soit, Stewart continuera-t-elle à faire ses propres films, les choses ne sont pas claires. Elle a encore beaucoup d'engagements, y compris un drame sur l'auteur du canular JT Leroy, créer par Laura Albert. De plus, elle ne veut pas seulement tomber dans un ancien shéma de direction. "Alors, qu'est ce qui vous attend? Voulez-vous développez d'autres projets? Je pense que les choses doivent simplement venir à vous. Je ne veux pas faire une impression de réalisatrice. Je ne veux pas le faire pour le bien".

Si Stewart retourne derrière la caméra, il est possible que cela se fasse selon ses propres termes. "Je n'aime pas l'idée de faire des films sans égard pour un public. Parce que j'ai travaillée avec des gens qui ont été genre 'Je veux que le public réfléchisse à ce moment-là'. Eh bien, qu'est ce que tu fais pour l'instant? Parce que si vous commencez à faire ça pour tous, vous finirez par quelque chose de générique. Il doit être son propre animal. Vous pouvez emballez et proposer une idée après le fait, mais si c'est ce qui vous informe en premier lieu ... pff, ne faites pas de films!."